La Croisière s’amuse

La Croisière s’amuse
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La petite belette, c’est-à-dire moi, revient tout juste d’une croisière de 7 jours en Méditerranée. Vous vous dites sûrement « Mais qu’est-ce qu’elle est glam cette fille! » ou bien « Check la frais chiée. », alors au lieu de vous vanter les beaux côtés de ma magnifique croisière, laissez-moi dégager les petits trucs qui puent, question de faire différent. Et quand je dis « petits trucs qui puent », il y a du sens figuré et du sens propre pas propre là-dedans.

croisieresamuse

Je n’avais jamais vécu ce genre d’expérience auparavant.  Tout ce que je savais de cette façon de voyager provenait de l’émission La Croisière s’amuse (The Love Boat) que j’écoutais religieusement quand j’étais toute petite à cause de ma gardienne. Bien sûr, quelques amis m’en avaient aussi parlé, et c’est pour cette raison que je voulais me sacrer sur un hôtel qui se déplace. Ce n’était certainement pas pour espérer croiser le capitaine Stubing. C’est juste de la télé, hein.

La première action qu’on pose en arrivant sur le bateau, c’est faire le tour de la place et se rendre à sa cabine pour connaître le territoire qu’on va occuper pour la prochaine semaine. Tout semble bien à sa place dans ma cabine, tout baigne. Jusqu’à ce que je voie une affichette qui interdit de jeter tout type de papier dans la toilette. Hum. Je suis sceptique et je scrute l’affichette, et je vois carrément l’image d’un rouleau de papier cul marqué par un X. Oh shit! Ouais. Je fais cette croisière avec une amie, Anik (dont le surnom est Titanik, je sais, je n’ai peur de rien). Elle et moi avons voyagé plusieurs fois ensemble, on en a vu des vertes et des pas mûres. Je lui fais comprendre ce que je viens de lire et lui montre la petite corbeille à papier. On se regarde (effets spéciaux : http://www.youtube.com/watch?v=a1Y73sPHKxw). On sait qu’on passe à une étape supérieure de notre amitié. Tsé, après ça, la prochaine étape sera probablement au centre de soins de longue durée, lorsque je viendrai lui rendre visite et lui essuyer les fesses quand l’infirmière ne sera pas disponible (NDLR : Tu es la plus vieille Anik, et c’est mon texte, désolée.). Or donc, cette croisière rapproche les gens. Ne vous en faites pas, ils venaient ramasser la « corbeille à surprises » deux fois par jour. À mon retour de vacances, j’ai parlé à quelques personnes dans le creux de l’oreille, et ce n’est pas coutume. Normalement, on peut jeter son papier dans la toilette. Soulagement.

« J’aime pas le monde! »

Je pense que c’est la phrase que j’ai prononcée le plus souvent pendant mon voyage, après « Wow, c’est tellement beau! ». Vivre sur un paquebot, c’est aussi vivre avec les 3500 passagers. En général, tout se passe bien, mais parfois, il y a un peu de « niaisage », comme quand tout le monde a l’idée tout à fait légitime d’aller déjeuner en même temps. Il y a toujours un petit stress le matin à trouver une table libre pour y installer ta montagne de bacon, tes crêpes, ton yogourt pis ta banane (buffet à volonté, w00t!).

Quand tu sors en expédition, t’es pas la seule non plus qui a eu cette idée. Tu fais la file pour te faire assigner un autobus et un numéro de groupe, tu attends que tous les gens de ton autobus soient arrivés, tu suis la petite madame avec la petite pancarte qui porte le même numéro que celui que t’es pognée pour te coller su’l’chest, tu fais la file pour rentrer dans l’autobus… Moi qui suis habituée de voyager style sac à dos et linge crotté, j’ai eu un peu de difficulté à me fondre dans la foule de retraités chics. Parce qu’une croisière, ça peut ne pas être si cher que ça, si tu prends une cabine sans hublot, hors saison. J’ai également exercé ma patience à attendre après les retardataires qui se la coulaient douce pendant que nous, les gens ponctuels, les attendions dans l’autobus. Ces flâneurs grugeaient le temps du prochain site à visiter, parce que tout était calculé pour ne pas qu’on manque le bateau, dans tous les sens du terme.

Se rendre sur l’Acropole d’Athènes et voir toute cette beauté, vouloir la prendre en photo et là, avoir une hostie de grosse face dans son écran d’appareil photo. Changez d’endroit, de monument historique et de grosse face, et c’est pas mal la réalité de nos quatre escales du voyage. Il y avait du monde en géritol! Et juste de penser que nous étions au printemps, dans les tout premiers balbutiements de la saison touristique, je n’ose pas imaginer Athènes en plein mois de juillet. La saison du photobombing par excellence.

Un autre petit irritant social est d’avoir à faire la conversation à des étrangers tous les soirs pendant le souper. Il y en a eu des moments de silence gênant, des conversations mondaines un peu vides. Ce n’était pas de tout repos. La vie des gens riches et pas célèbres.

Bon, sérieusement, je fais ma grincheuse parce que je voulais rendre mon voyage moins jet set, mais j’ai adoré vivre cette expérience. Chaque soir en me couchant, je me sentais comme un enfant la Veille de Noël qui a hâte de se réveiller le lendemain pour voir les belles surprises qui l’attendent (aucune référence à la « corbeille à surprises » ici) et vivre à 100 nœuds à l’heure. Sauf les deux jours passés en mer, là je me sentais comme un Jabba le Hutt qui a envie de passer la journée à paresser et à manger (avec le move de langue pis toute).

J’ai rencontré des gens fort sympathiques et admiré des splendeurs en Sicile, Grèce, Turquie et Crête. Je me suis décroché la mâchoire sur des paysages (et des hamburgers), j’ai ri aux larmes avec mon amie et j’ai dépensé comme une Américaine au Boxing Day (j’exagère un peu). Bref, je me suis bien amusée.

Pleine d’humour (surtout si je suis bourrée) et de contradictions (j’aime le thé et le café, le jour et la nuit, enfin vous voyez), je suis du domaine linguistique professionnellement (traductrice) et sentimentalement (mon amour du français est aussi grand que mon amour du polyglottisme). J’ai l’air érudit à sortir des mots à 100 $ comme « polyglottisme » (pas pire au Scrabble celui-là), mais je ris comme belette au mot « pet », et je me gausse quand ça rime en crime. Humblement ici pour m’amuser, expérimenter et divertir un peu. Aucune ligne directrice ou plan déterminé. Sur un nowhere rédactionnel. Folle de même.

6 Comments

  1. Té tellement bonne que tu as presque réussis a m’enlever l’envie de voyager. Plus sérieusement, continue a nous faire part de tes aventures, tu est mon héroine préférer. 😉

  2. Héhé! Merci beaucoup! Voyager c’est extraordinaire, ça vaut le coup! 🙂

  3. J’ai souvent dit que je voulais faire une croisière, et je vais sûrement en faire une un jour, mais tu peux être certaine que je vais m’assurer avant qu’il n’y a pas de « corbeille à surprise ». Je ne savais pas que ça se faisait, mais ça devient un critère essentiel.

  4. Un ami qui en fait très souvent me dit qu’il n’a jamais vu ça, pas même sur ce bateau. C’était peut-être un problème ponctuel. Espérons-le!

  5. chère ciboux

    comme d’habitude ton talent avec ta plume est impressionnant. j’ai pris le temps (oui oui) de lire tous les articles et je suis déjà accroc!

  6. Hahaha !!! La fameuse corbeille à surprises …lol On est effectivement de plus en plus proche à chaque voyage. Au train où ça va, je vais sûrement te laisser me torcher rendues à nos vieux jours.

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